Canicule dans les écoles primaires, le maire indifférent ?

Les élu·e·s de Gagny à Gauche ont posé deux questions  au sujet des conséquences de la canicule dans les écoles primaires de Gagny.

Elles et ils ont aussi écouté attentivement la déclaration du maire en préambule au conseil municipal du 24 juin.

Quelle réponse consternante face au mécontentement des parents d’élèves et à la souffrance des élèves !

En effet, de nombreux parents d’élèves des écoles primaires de Gagny, ainsi que leurs associations sont très mécontent.e.s du manque de réaction de la commune concernant la deuxième vague de chaleur que leurs enfants ont affrontée dans les écoles.

Ils ont pourtant relancé à de nombreuses reprises les services de la municipalité, mais surtout le décideur, Monsieur Rolin Cranoly.

Il n’y a eu aucune réponse globale  aux associations de parents,  pas plus qu'aux enseignants.

Pire, la plupart des élu·e·s représentant la mairie sont arrivé.e.s les mains vides dans les conseils d’école qui se sont tenus pendant la période, certains allant même jusqu’à annoncer la fin des travaux lourds en… 2040 !

Le fort mécontentement des parents a été très faiblement entendu par Rolin Cranoly, à la fin de cette séquence.

Pour pouvoir communiquer sur son action minime et tardive, il a effectué une visite furtive le dimanche pour faire des relevés de température, dans des locaux vides et sans risque de se retrouver face aux enseignant·e·s, au personnel éducatif et aux élèves. 

Bilan des courses, il n’a annoncé que très peu de mesures, immédiates comme à moyen terme (voir son post Facebook), et s’est contenté de quelques généralités et d’un guide des bonnes pratiques pour sauver son image.

Que doit-on faire ?

La liste des actions possibles est largement connue (voir projet RACINE à la fin de cet article) et en voici quelques-unes peu coûteuses et rapides à mettre en oeuvre : 

  • ventilation nocturne (ouverture des bâtiments la nuit), qui a été mise en place très tardivement;
  • installation de brasseurs d’air ou ventilateurs de plafond (comme à Neuilly-sur-Marne) et à défaut livraison de ventilateurs dans TOUTES les classes (2 par classe idéalement, et pas 2 par école, comme constaté !) ;
  • installation de véritables brumisateurs dans les cours de récréation (et pas de petits bouts de tuyau percé),
  • adaptation de l’organisation scolaire (horaires, utilisation de locaux plus frais, repas adaptés, classes extérieures, là où c’est possible).  

À moyen terme (pour la rentrée de septembre, car nous ne sommes pas à l’abri d’une énième vague de chaleur) et sans peser beaucoup sur le budget de la commune, on peut ajouter : 

  • protections solaires extérieures (stores bannes, brise-soleil, volets, films anti-UV) ;
  • amélioration de la ventilation naturelle ;
  • suivi par capteurs de température, humidité et CO₂ ;
  • Et pour la saison prochaine, déminéralisation et végétalisation des cours de récréation et abords pour créer de l’ombre ;

Budget maîtrisé, oui, mais il faut de la concertation et des actions !

Que compte faire la majorité municipale, arc-boutée sur ses soi-disant bonnes notes budgétaires, sachant que cela concerne aussi d’autres bâtiments communaux qui accueillent des enfants de tous les âges ?

Pourquoi la commune n’a-t-elle pas, comme cela a été fait dans des communes voisines, déclenché un plan d’urgence et une mobilisation générale des services communaux, alors que de nombreux parents se sont mobilisés et auraient pu faire plus s’ils avaient eu le soutien de la municipalité ?

Pourquoi le personnel, les parents et tous les actrices et acteurs de l’école au quotidien n’ont-ils pas été consulté.e.s en amont ?

Les élu·e·s de Gagny à Gauche ont relayé la mobilisation des parents et vont se battre à leurs côtés pour que soient budgétées puis mises en place les mesures indispensables qui permettront à nos enfants de fréquenter sans risque écoles et centres de loisirs lors des prochaines et malheureusement inévitables périodes de canicule.

 

Le Projet RACINE : un vrai guide des bonnes pratiques d'une collectivité locale

Le projet RACINE (Recherche sur l'Adaptation aux Canicules à l'intérieur de nos Écoles) est une initiative portée par le programme ACTEE (Action des Collectivités Territoriales pour l'Efficacité Énergétique). Il vise à adapter les écoles primaires aux fortes chaleurs en privilégiant des solutions « low-tech » (technologies simples, peu coûteuses et peu énergivores) plutôt que le recours systématique à la climatisation.

Voici les grands axes et propositions du projet :

  1. Une approche organisationnelle et humaine

Le projet part du constat que les freins à l'adaptation sont souvent organisationnels plutôt que purement techniques. Il propose :

  • La concertation : Mobiliser tous les acteurs locaux (élus, enseignants, agents techniques, parents d'élèves) pour co-construire des solutions adaptées à chaque établissement.
  • La formation : Accompagner une personne référente dans chaque collectivité pour déployer la démarche au sein de l'école.
  • Le diagnostic : Analyser finement les usages et le bâtiment (mesures de températures, identification des zones de surchauffe) pour définir un plan d'action pertinent.
  1. Des solutions « low-tech » (immédiatement efficaces)

Le projet met en avant des mesures simples à mettre en œuvre sans gros travaux :

  • Ventilation intelligente : Maintenir les fenêtres fermées en journée quand l'air extérieur est plus chaud et favoriser la ventilation traversante durant la nuit.
  • Gestion des apports solaires : Fermer volets, stores ou persiennes dès que le soleil tape sur les vitrages pour éviter l'effet de serre.
  • Usage des équipements : Utiliser des brasseurs d'air ou des ventilateurs en journée et adapter les activités quotidiennes (ex.: éviter d'utiliser des appareils générateurs de chaleur en classe).
  1. Des aménagements environnementaux

À plus long terme, le projet encourage :

  • La végétalisation : Créer de l'ombre naturelle autour des bâtiments (arbres, plantes grimpantes) pour rafraîchir les abords immédiats.
  • La rénovation énergétique : Prioriser l'isolation thermique, les protections solaires fixes (stores extérieurs) et, si nécessaire, des équipements sobres, en évitant les solutions comme la climatisation qui rejettent de la chaleur à l'extérieur.

Pourquoi cette approche ?

Le projet insiste sur le fait que la climatisation est souvent une solution « trompeuse » : elle consomme beaucoup d'énergie, nécessite une maintenance complexe et, en rejetant de la chaleur à l'extérieur, contribue à réchauffer davantage les espaces urbains. L'objectif est donc de rendre les bâtiments plus résilients face aux épisodes de canicule qui s'étendent désormais de mai à octobre.

 

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